Alors que la question du cumul des mandats est encore en discussion en commission à l'Assemblée dans le cadre de la réforme des
institutions (ndlr; une fois encore, les parlementaires se foutent de nous en omettant d'intégrer dans le calcul les mandats intercommunaux très lucratifs), Copé, cumulard de la politique, a
rappelé bien à propos que les journalistes, donneurs de leçons et grands garants de la morale, étaient aussi des cumulards.
Et comme, Copé est affaibli en ce moment et qu'il est facile de taper dessus, certains journalistes ne se sont pas gênés.
http://marianne2.fr/Journalistes-et-hommes-politiques,-le-bonheur-de-cumuler!_a87176.html?PHPSESSID=15a55a0fd5aff61de2db44ee9ebe6d17
Gageons que d'ici quelques jours cette question sera retombée dans les oubliettes, et chaque corporatisme aura conservé ce privilège de cumul.
A côté, de plus en plus de français ont le DEVOIR de cumuler deux petits boulots à temps partiels pour obtenir un peu plus de 1000 euros et donc pour vivre décemment.
Côté impot, la différence existe aussi, si les uns ont toujours droit à une déduction fiscale de 7600 euros (l'indépendance de la presse est à ce prix là), les autres peuvent espérer
quelques centaines d'euros de prime pour l'emploi.
C'est pas demain la veille qu'on commémorera officiellement la nuit du 4 Août...
Cela fait une dizaine d'années que la France refuse de ratifier la charte des langues régionales. Gouvernements de gauche et de droite
s'y opposent. Fillon, via Albanel, confirme cette position très étonnante.
Alors que les mêmes votent les yeux fermés tout ce que décide Bruxelles,
alors que l'unicité de la République est parfois remise en question (la décentralisation a été constitutionnalisée)
alors que le principe constitutionnel de laïcité serait bien égratigné,
alors que le communautarisme n'est pas une idée rejetéé,
et alors que le Parlement est saisi d'une réforme de la Constituition,
bref, alors que tout est réuni pour que le principe constitutionnel: "le Français est la langue de la République" soit assoupli.... et pourtant il tient!
Et c'est heureux, car c'est un acquis et un pilier de notre République et notamment de l'école de Jules Ferry. En effet, "parler le patois" était un handicap certain dans la France
d'avant guerre pour prendre l'ascenseur social et ne plus être paysan ou mineur comme papa et grand-papa. Et le parler Français a été le ciment de la cohésion républicaine y compris dans les
tranchées de l'Est.
Quelques générations après, le constat est le même: "parler ET écrire Français" est une nécessité.
Les cultures régionales n'ont pas besoin de cette charte pour exister.
Bockel, à 6 mois du 90ème anniversaire de l'armistice, réouvre le débat sur les fusillés pour l'exemple.
Il lance une réflexion sur ce sujet qui curieusement gène en France, comme si quasiment un siècle après les faits, on ne pouvait avoir le recul nécessaire (alors que les anglo saxons l'ont)
ou que l'on ne pouvait critiquer les états majors et la justice militaires de l'époque.
Aussi, pour donner des références "culturelles" (une fois n'est pas coutume ici) à ce débat; un film et un livre.
Sur cet épisode, et sur la "justice" militaire chère à Clémenceau, voir ou revoir "les sentiers de la gloire" ("Path of Glory") de Kubrick avec Kirk Douglas en 57, qui ne sera projeté en
France que dans les années 70. Le risque de censure étant réel chez nous, les producteurs ont préféré ne pas subir l'ire des associations d'anciens combattants.
Quant au "pacifisme" des soldats, les Anglais ont mis en évidence l'emergence d'un système coopératif entre combattants (alliés et allemands) le "vivre et laisser vivre" (let and let live). Il
s'agissait, et pas simplement à Noël, d'épargner l'ennemi pour que ce dernier nous épargne et tout en laissant croire aux officiers d'état major, bien planqués à l'arrière que l'on se
battait. Comment? Des obus étaient lancés à une heure précise et toujours au même endroit, ceci permettait à l'ennemi de ne pas s'exposer inutilement. Et les Allemands en
faisaient de même.
On doit cette mise en exergue à Ashworth dans Trench Warfare 1914–1918: The Live and Let Live System . Je n'ai pas trouvé une traduction française de cet ouvrage. En revanche,
Axelrod, spécialiste de la théorie des jeux (outil bien connu en science politique, économie et en biologie) a traité en partie ce système dans un ouvrage publié en français chez Odile Jacob
en 1996 et apparemment réedité en 2006.
http://www.odilejacob.fr/catalogue/index.php?auteur=181&cat=0204&op=par_auteur
Pour vous faire une idée de ce livre avant de se le procurer, voici un résumé complet:
http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/axelrod.html
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