Vers le rejet de la société de partage : info ou intox?

Publié le par citoyen élenthere

Le RSA et son financement suscitent beaucoup de réactions. Que le débat s'ouvre est intéressant mais certains comportements sont inquiétants.

Notre vision d'une société équitable, héritée de la pensée philosophique libérale (Kant) et de la pensée économique classique, se fonde sur l'importance de la valeur travail et sur la redistribution des richesses par une institution humaine (autrement dit pas le marché).

Concrétement, taxer les revenus non issus du travail, comme les loyers, les plus values boursières directes (les dividendes) ou indirectes (les profits des assurance-vie) est une mesure en soi juste. D'autant que cela renforce le rôle redistributeur de la nation, des premiers déciles vers ceux faisant l'effort d'aller travailler.

Ce mode de taxation contribue à l'avénement d'une société de juste partage des richesses. Et pourtant, depuis que cette idée a été émise par N4, les réactions défavorables se multiplient.

Que l'on critique le faible poids de ce financement par rapport au coût du paquet fiscal: OK, que l'on souhaite aller plus loin pour éviter aux conseils généraux de payer le solde : OK, que l'on craigne l'intégration de cette taxe dans le bouclier fiscal (les riches devenant exonérés de cette taxe) toujours OK,
mais pour le reste, c'est un défoulement de pensées égoïstes et utilitaristes:

Il y a eu:
les banques qui craignent que les produits d'assurance-vie deviennent moins attractifs,
les patrons du MEDEF qui ont vu une nouvelle taxe (hormis sur les loyers c'est une surtaxation de la CSG et CRDS pesant déjà sur les produist financiers)
la FNAIM qui craint un ralentissement supplémentaire du marché immobilier

Jusqu'ici du classique (inacceptable intellectuellement mais classique) mais depuis hier, on commence à dire que cette mesure touchera plus de la moitié des ménages et donc que les classes moyennes seront les financeurs du RSA. Pour rendre cette mesure impopulaire, on ne s'y prendrait pas autrement.  Et comme on feint de toucher au portefeuille du quidam alors cela fait mouche.

Et pourtant, les chiffres sont là et contredisent cette désinformation. La possession d'un second logement et/ou de produits de financier est l'appanage des classes aisées. Quant au succès de l'assurance vie, mettre 1000 euros par an rapportant du 10% (issus de la spéculation boursière, donc non juste) serait taxé de 1,1 euro! 
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=REVPMEN06g
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=REVPMEN06d
www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP984.pdf

Le RSA nous renseignera sur l'état de notre société: ou bien les individus ne souhaitent plus partager leurs richesses (et alors le bien public et leurs serviteurs (Rocard, Villepin ... d'ailleurs favorables au RSA) peuvent s'exiler, ou alors la construction d'une société plus juste reste possible à condition notamment de trouver des medias pour contrer les lobbies.


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